Le secteur bancaire marocain a affiché une santé financière éclatante en 2024, creusant l'écart avec une économie nationale à la croissance encore modérée. C'est le constat majeur du dernier rapport de Bank Al-Maghrib sur la supervision bancaire, qui met en lumière la performance remarquable des établissements de crédit dans un contexte où la demande des ménages reste timide.
Les chiffres témoignent de cette dynamique. Le résultat net cumulé des banques a bondi de 24,1 %, atteignant 15,7 milliards de dirhams, porté par une solide progression du produit net bancaire. Cette rentabilité s'est construite malgré une demande de crédit contrastée. En effet, si l'encours global a augmenté de 4,6 %, cette hausse est quasi exclusivement due aux crédits à l'équipement (+18,7 %), stimulés par les grands projets d'infrastructure. À l'inverse, les crédits aux ménages stagnent, que ce soit pour l'habitat (+0,6 %) ou la consommation (+0,9 %), reflétant une certaine frilosité des consommateurs.Malgré cet environnement, les fondamentaux du secteur demeurent solides. Le taux de créances en souffrance s'est stabilisé à 8,4 %, avec un taux de couverture confortable de 69 %. Les ratios de solvabilité et de fonds propres se maintiennent bien au-dessus des exigences réglementaires, confirmant une gestion des risques rigoureuse et maîtrisée.
Tournée vers l'avenir, la Banque centrale poursuit la modernisation du secteur. L'année 2024 a été marquée par des avancées significatives dans le financement alternatif, avec l'agrément des premières plateformes de crowdfunding, et par un renforcement de la gestion des nouveaux risques, notamment climatiques et de cybersécurité. La supervision bancaire s'oriente ainsi vers un modèle alliant solidité financière, innovation et protection accrue du client.